Relations presse · RP digitales

RP digitales, la méthode pour exister dans les médias en ligne

Sites d'info, newsletters, podcasts, journalistes sur LinkedIn : la presse se lit désormais surtout en ligne. Les relations presse suivent le mouvement. Voici la méthode que j'applique, en cinq étapes, pour obtenir des retombées éditoriales sur le web sans arroser tout le monde.

Propulsée par Morgane Plantrou & Alexandre Montenon

Par Morgane Plantrou, cofondatrice de KontenuMis à jour le 21 octobre 2026Lecture : 9 min

La réponse en bref

Les RP digitales (ou digital PR, RP web) consistent à obtenir des retombées éditoriales gagnées dans les médias en ligne : sites d'information, newsletters, podcasts, journalistes actifs sur les réseaux. La méthode tient en cinq étapes : cartographier les médias de son sujet, repérer les journalistes là où ils publient, tenir une salle de presse en ligne claire, mettre en place une veille, puis mesurer les retombées, le trafic, les recherches de marque et la présence dans les réponses des IA.

Votre prochain lecteur ne tournera sans doute pas les pages d'un quotidien. Il lira une newsletter dans le tram, écoutera un podcast en courant, tombera sur un article qu'un journaliste a partagé sur LinkedIn.

Être présent dans tous ces endroits sans s'éparpiller, voilà tout le sujet des RP digitales. Le métier reste le même que celui des relations presse classiques (convaincre un journaliste qu'il tient un bon sujet). Les canaux changent, le rythme aussi, et presque tout laisse une trace mesurable.

Ici, je reste sur la méthode en ligne, étape par étape. Cinq étapes, dans l'ordre où je les mène.

RP digitales, de quoi parle-t-on exactement ?

On entend aussi « digital PR » ou « RP web ». Derrière ces étiquettes, une même idée : obtenir des retombées éditoriales dans des médias qui vivent en ligne, et organiser tout ce qui va autour (repérage, prise de contact, salle de presse, veille, mesure).

Un point de vocabulaire au passage. En anglais, « digital PR » désigne souvent une pratique centrée sur l'obtention de liens vers un site. C'est un autre sujet, qui aura sa propre page. Ici, on parle de relations presse au sens strict : un journaliste, un angle, un article.

Et chez Kontenu, une règle ne bouge pas. Pas d'article sponsorisé, pas d'achat d'espace déguisé en contenu. Ce que je vais chercher, ce sont des retombées gagnées, écrites par des journalistes qui ont trouvé le sujet intéressant.

Le terrain de jeu, lui, est plus large qu'on ne le croit.

TerrainFormats possiblesCe que la rédaction attend de vousRythme
Sites d'information et pure playersArticle, brève, dossier, interviewUn angle d'actualité, des chiffres, un interlocuteur joignable viteSouvent dans la journée
Sites des titres papierArticle web, version augmentée du printLa même exigence que le papier, avec plus de réactivitéVariable selon la rubrique
Newsletters éditorialesSélection de liens, édito, portraitUne info courte, utile, si possible inéditeQuotidien ou hebdomadaire
PodcastsInvité, témoignage d'expertQuelqu'un qui raconte bien son sujet, une histoireProgrammé des semaines à l'avance
Comptes de journalistes sur les réseauxAppel à témoins, échange, partageDe la pertinence, zéro spamEn continu

Étape 1, dresser la carte des médias en ligne de votre sujet

Tout commence par une liste. Pas un fichier acheté de 3 000 contacts : une carte resserrée des médias que lit vraiment votre cible.

Pour la construire, je pars des questions que se posent vos clients, puis je regarde qui y répond déjà. Quels sites publient sur votre secteur ? Quelles newsletters circulent dans votre métier ? Quels podcasts invitent des experts de votre domaine ?

Les podcasts, ce terrain qu'on oublie

Pour les podcasts, une ressource publique fait gagner un temps fou : le classement mensuel des podcasts certifiés par l'ACPM. On y trouve chaque émission mesurée, sa catégorie et ses téléchargements du mois.

Celui de septembre 2026 recense 824 podcasts. De quoi repérer les émissions de votre thématique et estimer leur poids avant de proposer un invité.

Classement mensuel des podcasts certifiés par l'ACPM, avec catégories et téléchargements
Filtrez le classement ACPM sur votre thématique pour repérer les podcasts où proposer un invité.

Attention, seuls les éditeurs qui font certifier leur audience y figurent. Beaucoup de podcasts de niche, parfois très suivis dans un secteur, n'y sont pas. Ceux-là, on les trouve en écoutant, en demandant autour de soi et en regardant qui vos clients citent.

Les newsletters, petites audiences, gros effet

Une newsletter spécialisée touche parfois quelques milliers d'abonnés seulement. Mais ce sont les bons : des décideurs d'un secteur, des passionnés, des acheteurs.

Pour une entreprise B2B, une mention dans une lettre de veille que tout le métier lit le lundi matin peut peser plus lourd qu'une brève sur un grand site généraliste.

Je classe ensuite chaque média selon trois critères : sa proximité avec votre cible, la place qu'il laisse aux sources extérieures, sa régularité. Résultat, une liste de 20 à 40 titres. Pas plus, sinon on ne suit plus personne correctement.

Étape 2, retrouver les journalistes là où ils parlent

Les journalistes ont déménagé une partie de leur vie professionnelle sur les réseaux. Et pas forcément là où on les attend.

Selon le rapport State of the Media 2026 de Cision, mené auprès de 1 899 journalistes, 62 % utilisent LinkedIn dans leur travail et 33 % le jugent comme la plateforme la plus utile pour leur métier.

X, lui, a perdu une partie de son public journalistique. Le Monde a annoncé son retrait du réseau en janvier 2025, d'autres titres ont pris leurs distances. Certains journalistes sont passés sur Bluesky, d'autres ont simplement réduit leur présence en ligne. D'où l'intérêt de vérifier, profil par profil, où chacun publie vraiment.

Ce que je regarde dans un profil

  • ➭ Les sujets couverts en ce moment : ses derniers articles partagés, pas sa bio d'il y a cinq ans.
  • ➭ Ses appels à témoins. Beaucoup de journalistes cherchent des interlocuteurs publiquement, il suffit d'être attentif.
  • ➭ Sa façon de travailler : chiffres, portraits, enquêtes longues, brèves ?
  • ➭ Son canal préféré, souvent écrit noir sur blanc (« contact par mail uniquement »).

Le réseau social sert à comprendre et à suivre. Le premier contact, lui, passe le plus souvent par un mail court et personnalisé. Toute la méthode est sur la page pour contacter un journaliste.

Le bon réflexe

Avant d'écrire à un journaliste, lisez ses trois derniers articles. Si votre sujet ne s'y raccroche pas, gardez-le pour quelqu'un d'autre. D'après le même rapport Cision, 72 % des journalistes estiment que moins d'un quart des propositions reçues les concernent. La pertinence reste votre meilleure carte.

Étape 3, une salle de presse en ligne qui sert vraiment

Un journaliste intéressé va vérifier. Il tape votre nom, arrive sur votre site et cherche une page presse. S'il ne trouve rien, ou un communiqué qui date de trois ans, vous perdez des points.

Une salle de presse en ligne n'a rien de compliqué. Elle doit répondre en dix secondes aux questions d'un journaliste pressé. Voici ce que j'y mets :

  • ➭ Un contact presse nominatif, avec mail et téléphone direct.
  • ➭ Les communiqués, du plus récent au plus ancien, lisibles en HTML (pas seulement en PDF).
  • ➭ Un dossier de presse à jour, téléchargeable en un clic.
  • ➭ Des photos en haute définition, avec crédits et conditions d'usage claires.
  • ➭ Les chiffres clés et une courte bio de chaque porte-parole.

Regardez l'espace presse de Michelin : communiqués en accès direct, équipe relations médias joignable depuis la page. Une PME n'a pas besoin de ce volume. Elle a besoin de la même clarté.

Espace presse en ligne de Michelin avec la présentation des ressources pour journalistes et le dernier communiqué
Une salle de presse efficace montre en un coup d'œil les communiqués récents et à qui s'adresser.

Petit bonus, ces pages sont publiques. Un communiqué publié en HTML sur votre site reste lisible par un journaliste en 2027… et par les assistants IA qui cherchent des informations fraîches sur votre entreprise.

Étape 4, une veille qui tourne toute seule

La veille a deux missions. Repérer vos retombées, y compris celles dont personne ne vous a prévenu. Et détecter les sujets sur lesquels vous pouvez réagir à chaud.

L'outil gratuit de base reste Google Alertes. Il permet de régler la fréquence (au fil de l'eau, une fois par jour ou par semaine), le type de sources (actualités, blogs, web…), la langue et la région.

Formulaire de création d'une alerte Google avec la marque entre guillemets, la fréquence et le choix des sources
Créez une alerte par marque, porte-parole et concurrent, en réglant sources et fréquence.

Les alertes à créer dès aujourd'hui

  • ➭ Le nom de votre marque entre guillemets, avec ses variantes d'orthographe.
  • ➭ Le nom de chacun de vos porte-parole.
  • ➭ Deux ou trois expressions qui décrivent votre marché.
  • ➭ Le nom de vos principaux concurrents, pour voir où ils sont cités, et par qui.

Google Alertes ne voit pas tout. Les newsletters, les podcasts et une partie des articles réservés aux abonnés lui échappent. Pour ceux-là, rien ne remplace l'abonnement aux médias de votre carte et un œil régulier sur les comptes des journalistes suivis.

Étape 5, mesurer sans se raconter d'histoires

Avantage du web, tout laisse une trace. Inconvénient, on peut vite se noyer dans des chiffres qui ne disent rien.

L'équivalent publicitaire (« combien aurait coûté cet espace en pub ? ») en fait partie. Il compare une retombée gagnée à un achat d'espace, ce qui n'a pas grand sens. Je préfère quatre indicateurs simples :

  • ➭ Le nombre de retombées et leur qualité : média visé ou non, porte-parole cité, messages clés présents.
  • ➭ Le trafic qu'elles génèrent quand vous les relayez vous-même. Le générateur d'URL de campagne de Google crée en quelques secondes les paramètres UTM à coller dans vos posts et votre newsletter.
  • ➭ Les recherches sur votre nom de marque dans les semaines qui suivent une parution.
  • ➭ Votre présence dans les réponses des IA.

Ce dernier point est récent, et il change la donne. Les assistants IA s'appuient en partie sur les articles de presse pour construire leurs réponses. Alexandre suit cette visibilité IA prompt par prompt, et j'explique sur la page dédiée aux relations presse et à l'IA pourquoi une retombée compte désormais deux fois.

Trois erreurs qui plombent les RP web

Envoyer le même communiqué à tout le monde

Le mail groupé à 500 adresses est la façon la plus rapide de finir dans les indésirables. Un podcast, une newsletter et un pure player n'attendent pas la même chose. Même info de départ, trois propositions différentes.

Confondre visibilité et publicité

Payer pour un « article » sur un site, c'est acheter de l'espace. La mention « contenu sponsorisé » est là pour le signaler au lecteur, qui fait très bien la différence. Une retombée gagnée porte la crédibilité du média. Un contenu payé porte celle de l'annonceur.

S'arrêter après la première retombée

Une parution isolée s'oublie vite. Les journalistes retiennent les sources fiables qui reviennent avec de bons sujets, au bon moment. La relation se construit sur des mois, pas sur un envoi.

À vous de jouer

Selon Cision (2026), quelle plateforme les journalistes jugent-ils la plus utile pour leur travail ?

62 % des journalistes interrogés utilisent LinkedIn dans leur travail, et 33 % le classent comme la plateforme la plus utile.

Où trouver une liste publique de podcasts français avec leurs téléchargements certifiés ?

L'ACPM publie chaque mois le classement des podcasts dont l'audience est certifiée, avec leur catégorie.

Quel indicateur je laisse de côté pour mesurer des RP digitales ?

Comparer une retombée gagnée à un achat d'espace n'a pas grand sens. Mieux vaut suivre la qualité des retombées, le trafic et les recherches de marque.

Vous voulez savoir quels médias en ligne comptent vraiment dans votre secteur ?

>>> Je veux construire ma carte des médias

Ce qu'il faut retenir

  • ➭ Les RP digitales visent des retombées éditoriales gagnées dans des médias en ligne, newsletters et podcasts compris.
  • ➭ Une carte resserrée de 20 à 40 médias vaut mieux qu'un fichier de milliers de contacts.
  • ➭ LinkedIn sert à repérer et suivre les journalistes ; le premier contact reste souvent un mail personnalisé.
  • ➭ Une salle de presse en ligne claire et une veille bien réglée font gagner du temps à tout le monde.
  • ➭ On mesure la qualité des retombées, le trafic, les recherches de marque et, désormais, la présence dans les réponses des IA.

Questions fréquentes

Quelle différence entre RP digitales et relations presse classiques ?

Le métier est le même : proposer un sujet pertinent à un journaliste. Les RP digitales ajoutent les médias propres au web (newsletters, podcasts, pure players), le repérage des journalistes sur les réseaux et une mesure plus fine des retombées.

Les RP digitales remplacent-elles le communiqué de presse ?

Non. Le communiqué reste la base factuelle, publié sur votre salle de presse en ligne. Il se décline ensuite en propositions adaptées à chaque média, plutôt qu'envoyé tel quel à tout le monde.

Faut-il contacter les journalistes sur LinkedIn ?

LinkedIn sert surtout à repérer et à suivre les journalistes. Pour le premier contact, respectez le canal qu'ils indiquent ; le plus souvent, c'est un mail court et personnalisé.

Les RP digitales passent-elles par des articles sponsorisés ?

Pas chez Kontenu. Un contenu sponsorisé est de l'achat d'espace, signalé comme tel au lecteur. Nos relations presse visent uniquement des retombées éditoriales gagnées.

Morgane Plantrou · Cofondatrice de Kontenu, spécialiste des relations presse. Elle pilote les angles, les journalistes, les pitchs et les retombées médias.