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Knowledge Graph, faire reconnaître votre entreprise comme une entité

Avant de dire du bien ou du mal de vous, Google et les IA doivent savoir qui vous êtes. C'est le rôle du Knowledge Graph et des entités. Voici comment fonctionne ce graphe, comment revendiquer votre panneau, quand Wikidata a du sens et quel balisage poser sur votre site.

Propulsée par Morgane Plantrou & Alexandre Montenon

Par Alexandre Montenon, cofondateur de KontenuMis à jour le 21 octobre 2026Lecture : 8 min

La réponse en bref

Le Knowledge Graph est la base de connaissances de Google, lancée en mai 2012 sous la devise « things, not strings » : il relie les requêtes à des entités réelles (entreprises, personnes, lieux) plutôt qu'à des mots. Une entreprise peut revendiquer son panneau de connaissances, appelé « fiche info » par Google, en se connectant à un profil officiel comme la Search Console ou YouTube. Pour être reconnue comme une entité nette par Google et par les IA, elle doit publier un balisage Organization avec sameAs, garder des informations identiques sur tous ses profils et obtenir des sources indépendantes, préalable à toute fiche Wikidata.

Tapez « Taj Mahal » dans Google. Vous pensez au monument, mais vous pourriez chercher un musicien, un casino d'Atlantic City ou le restaurant indien du coin. C'est avec cet exemple que Google a présenté son Knowledge Graph en 2012.

Quatorze ans plus tard, la question qu'il résolvait est devenue la vôtre. Quand quelqu'un demande à une IA « que vaut cette entreprise ? », l'IA doit d'abord savoir de qui on parle. Si elle se trompe d'entité, tout le reste de la réponse est faux.

Cette page fait partie de notre travail d'agence e-réputation : faire en sorte que Google et les assistants IA vous reconnaissent comme une entité nette, avec les bons faits rattachés.

Le Knowledge Graph, c'est quoi exactement ?

C'est la base de connaissances de Google. Elle stocke des « entités » (personnes, entreprises, lieux, œuvres, concepts) et les relations entre elles : qui a fondé quoi, où se trouve tel siège, quelle marque appartient à quel groupe.

Le billet de lancement d'Amit Singhal, le 16 mai 2012, tenait en une formule : « things, not strings », des choses et non des chaînes de caractères. Au départ, le graphe comptait plus de 500 millions d'objets et plus de 3,5 milliards de faits et de relations.

Avant, Google faisait correspondre des mots. Avec le graphe, il relie une requête à une chose précise du monde réel. Pour une entreprise, la différence est énorme : vous n'êtes plus une suite de lettres, vous êtes une fiche avec une adresse, un fondateur, une activité, des profils officiels.

Ce que vous voyez du graphe

Le Knowledge Graph lui-même est invisible. Sa partie émergée, c'est le panneau qui s'affiche à droite des résultats sur ordinateur (en haut sur mobile) quand vous cherchez une marque connue. Google l'appelle aujourd'hui « fiche info » dans son aide en français, on parle couramment de panneau de connaissances.

Panneau de connaissances Google d'une grande entreprise avec sa description sourcée et un aperçu IA qui reprend les mêmes faits
Chaque ligne du panneau vient d'une source : à vous de vérifier que les vôtres disent toutes la même chose.

Où vit votre entité, concrètement ?

Pas dans un seul endroit. Google et les IA recoupent plusieurs sources pour se faire une idée de qui vous êtes. Voici celles que je vérifie en premier.

SourceCe qu'elle apporteVotre marge de manœuvre
Votre site (page d'accueil, page « À propos »)La version officielle des faitsTotale
Données structurées OrganizationLes mêmes faits, dans un format lisible par les machinesTotale
Fiche d'établissement GoogleAdresse, horaires, catégorie, avis (pour une activité locale)Forte
Profils officiels (LinkedIn, réseaux, annuaires)La confirmation que c'est bien la même entité partoutForte
Wikidata et WikipédiaDes faits structurés, très repris par les moteursFaible, soumise à des règles strictes
Presse et sites tiersLa preuve que d'autres parlent de vousIndirecte

Remarquez l'ordre. On commence toujours par ce qu'on contrôle, parce que c'est la référence à laquelle tout le reste doit correspondre.

Revendiquer votre panneau de connaissances, pas à pas

Si un panneau existe déjà pour votre marque, vous pouvez en devenir le représentant validé. Vos suggestions de modification seront alors traitées en priorité. La procédure officielle de Google tient en cinq étapes.

  • ➭ Connectez-vous à un compte Google (créez-en un au besoin, idéalement rattaché à l'entreprise).
  • ➭ Cherchez le nom de votre entreprise dans Google pour afficher la fiche info.
  • ➭ En bas du panneau, cliquez sur « Revendiquer cette fiche info » (sur mobile, le bouton est dans le menu).
  • ➭ Vérifiez les informations affichées.
  • ➭ Prouvez votre identité en vous connectant à l'un des sites ou profils officiels proposés par Google : Search Console, YouTube, X ou Facebook.

Une fois validé, vous proposez vos corrections depuis le panneau, avec des URL publiques qui prouvent chaque point. Google répond en général sous quelques jours, par e-mail.

Le piège à éviter

Vous êtes un commerce, un cabinet ou un artisan avec une clientèle locale ? Google vous renvoie vers la fiche d'établissement, pas vers la fiche info. Ne perdez pas de temps sur un bouton qui n'apparaîtra pas : tout se joue dans votre fiche Google Business.

Et si aucun panneau n'existe ? Il n'y a pas de formulaire pour en créer un. Le panneau apparaît quand Google dispose d'assez de signaux cohérents sur votre entité, ce qui nous ramène aux sections suivantes.

Wikidata, la tentation qu'il faut savoir refuser

Wikidata est une base de connaissances libre, liée à Wikipédia, que de nombreux moteurs et modèles utilisent comme référence. Beaucoup d'entreprises se disent qu'une fiche Wikidata réglerait tout. C'est là que je freine.

Wikidata a des critères de notoriété : un élément doit soit être lié à une page Wikimedia (Wikipédia, Wikisource…), soit désigner une entité clairement identifiable décrite par des sources sérieuses et publiquement disponibles, soit répondre à un besoin structurel de la base.

Traduction pour une PME : sans articles de presse ou publications indépendantes qui parlent de vous, votre fiche n'a pas sa place. Une fiche créée pour se faire plaisir finit supprimée par les contributeurs, et elle laisse une trace pas très flatteuse dans l'historique.

Le bon ordre

D'abord les sources indépendantes, ensuite la fiche. C'est là que les relations presse entrent en jeu : Morgane travaille à obtenir des articles dans de vrais médias, et ce sont précisément ces retombées presse lues par les IA qui rendent une entité « notable » au sens de Wikidata.

Page des critères de notabilité de Wikidata en français, avec le critère des sources sérieuses et publiques
Relisez ce critère avant de créer quoi que ce soit : sans sources indépendantes, pas de fiche.

Données structurées Organization et sameAs, l'exemple commenté

Le balisage Organization dit à Google, dans un langage sans ambiguïté, qui vous êtes. Google le recommande sur la page d'accueil ou sur une page qui décrit l'organisation, et précise qu'aucune propriété n'est obligatoire.

Voici un exemple pour une entreprise fictive, à adapter.

<script type="application/ld+json">
{
  "@context": "https://schema.org",
  "@type": "Organization",
  "name": "Atelier Exemple",
  "legalName": "Atelier Exemple SAS",
  "url": "https://www.atelier-exemple.fr/",
  "logo": "https://www.atelier-exemple.fr/logo.png",
  "description": "Menuiserie sur mesure à Lyon depuis 2009",
  "foundingDate": "2009",
  "address": {
    "@type": "PostalAddress",
    "streetAddress": "12 rue Exemple",
    "postalCode": "69004",
    "addressLocality": "Lyon",
    "addressCountry": "FR"
  },
  "sameAs": [
    "https://www.linkedin.com/company/atelier-exemple",
    "https://www.instagram.com/atelierexemple"
  ]
}
</script>

Trois propriétés font le gros du travail d'identification.

  • ➭ url : l'adresse de votre site, qui sert d'identifiant unique à l'organisation.
  • ➭ sameAs : la liste de vos profils officiels. Elle dit « ce LinkedIn, ce compte Instagram et ce site désignent la même entité ».
  • ➭ legalName et address : de quoi distinguer votre entreprise d'un homonyme dans une autre ville.

Le logo doit mesurer au moins 112 pixels de côté. Ajoutez seulement des profils que vous animez vraiment : un lien sameAs vers un compte abandonné depuis 2019 n'aide personne. La mise en place technique (où coller le code, comment le tester) est détaillée dans notre page sur le GEO technique.

Validateur Schema.org affichant une entité Organization détectée avec ses propriétés
Testez votre balisage avant de le publier : zéro erreur, et chaque propriété bien reconnue.

La cohérence, ce travail ingrat qui fait tout

Une entité nette, c'est une entité qui dit la même chose partout. Le jour où votre site annonce « fondée en 2009 », LinkedIn « 2011 » et un annuaire une ancienne adresse, la machine doit choisir. Elle choisit parfois mal.

Ma checklist, à dérouler une fois par an au minimum.

  • ➭ Même nom, à la lettre près, sur le site, la fiche Google, LinkedIn et les annuaires.
  • ➭ Même adresse, même téléphone, même date de création.
  • ➭ Une page « À propos » avec les faits clés écrits en toutes lettres : fondateurs, ville, activité, chiffres publics.
  • ➭ Les anciens noms ou anciennes adresses mentionnés comme tels (« anciennement… »), pour que la machine fasse le lien.
  • ➭ Chaque profil officiel renvoie vers le site, et le site renvoie vers chaque profil.

Pourquoi les IA raisonnent en entités

Un assistant IA qui répond à « Que fait l'entreprise X ? » doit relier le nom à une chose précise, puis rassembler ce qu'il sait d'elle. Plus les signaux sont cohérents, moins il risque de mélanger deux homonymes ou d'inventer un fait.

La doc de Google le dit à sa manière : certaines propriétés du balisage Organization servent en coulisses à distinguer votre organisation des autres. Et quand l'entité est floue, on obtient ces erreurs qu'on appelle des hallucinations IA sur une marque : mauvais fondateur, activité inventée, confusion avec une société homonyme.

L'entité est aussi le support de la crédibilité. Une IA qui identifie clairement votre entreprise peut y rattacher vos experts, vos publications, vos mentions presse, tout ce qui compose votre E-E-A-T.

À vous de jouer

Vous tenez une boulangerie à Lyon. Où gérez-vous votre présence dans le panneau Google ?

Pour une activité avec clientèle locale, Google renvoie vers la fiche d'établissement, qui gère la présence dans la recherche et sur Maps.

À quoi sert la propriété sameAs ?

sameAs relie votre organisation à ses profils officiels : réseaux sociaux, annuaires, pages d'avis.

Votre PME n'a jamais été citée par un média. Faut-il créer sa fiche Wikidata ?

Sans sources sérieuses et publiques qui décrivent l'entité, la fiche risque la suppression. La presse vient d'abord.

Les IA confondent votre entreprise avec une autre, ou ne savent rien de vous ?

>>> Je veux faire reconnaître mon entreprise

Ce qu'il faut retenir

  • ➭ Le Knowledge Graph relie des requêtes à des entités réelles depuis 2012 : « things, not strings ».
  • ➭ Le panneau (la « fiche info ») se revendique avec un compte Google et un profil officiel associé, sauf pour les entreprises locales.
  • ➭ Wikidata exige une notoriété démontrée par des sources indépendantes : la presse avant la fiche.
  • ➭ Le balisage Organization, avec url, sameAs et legalName, dit noir sur blanc qui vous êtes.
  • ➭ La cohérence des faits partout est la condition pour que les IA ne vous confondent pas.

Questions fréquentes

Peut-on créer soi-même un panneau de connaissances ?

Non, aucun formulaire ne permet de le créer. Google l'affiche quand il dispose d'assez de signaux cohérents sur l'entité ; vous pouvez ensuite le revendiquer et proposer des corrections.

Pourquoi le bouton « Revendiquer cette fiche info » n'apparaît-il pas ?

Tous les panneaux ne sont pas revendicables, et les entreprises à clientèle locale sont renvoyées vers la fiche d'établissement Google. Google conseille de réessayer plus tard si le bouton manque.

Le balisage Organization garantit-il un panneau ?

Non. Il aide Google à identifier votre organisation et peut influencer le logo affiché, mais rien ne garantit l'apparition d'un panneau.

Faut-il une page Wikipédia pour exister dans le Knowledge Graph ?

Non. Wikipédia et Wikidata comptent parmi les sources reprises, mais un site clair, des profils cohérents et des mentions presse suffisent souvent à faire émerger l'entité.

Alexandre Montenon · Cofondateur de Kontenu, spécialiste du GEO. Il pilote le référencement IA, les contenus et le suivi de visibilité avec AthenaHQ.