Cocon sémantique · Intention de recherche

Intention de recherche, les 4 types et leur version prompt

Derrière chaque requête, il y a un besoin que l'internaute n'écrit pas. Google le devine et compose sa page de résultats en conséquence. Voici les quatre types d'intention, la grille utilisée par Google, la méthode pour lire l'intention dans la SERP, et ce qu'elle devient quand la question est posée à une IA.

Propulsée par Morgane Plantrou & Alexandre Montenon

Par Alexandre Montenon, cofondateur de KontenuMis à jour le 21 octobre 2026Lecture : 9 min

La réponse en bref

L'intention de recherche est le but de l'internaute derrière sa requête. On distingue quatre types : informationnelle (apprendre), navigationnelle (aller sur un site), commerciale (comparer) et transactionnelle (acheter ou agir), à partir de la classification d'Andrei Broder publiée en 2002. Google utilise sa propre grille dans les consignes de ses évaluateurs : Know, Know Simple, Do, Website et Visit-in-person. On identifie l'intention en lisant la page de résultats : formats affichés, types de pages classées, mots des titres. Dans un prompt, l'intention est écrite en clair, avec contexte et contraintes.

« Vélo cargo. » Deux mots dans la barre de Google.

Que veut la personne qui les tape ? Acheter ? Comparer trois modèles ? Savoir ce que c'est ? Trouver un magasin près de chez elle ?

Personne ne le dit. Et pourtant Google répond, avec une page de résultats qui fait un pari sur ce que veulent la majorité des gens. Ce pari, c'est l'intention de recherche.

Si votre page ne répond pas au bon besoin, elle peut être bien écrite, bien maillée, rapide : elle restera loin. C'est pour cette raison que je classe chaque requête par intention avant de construire un cocon sémantique, et jamais après.

Avec les assistants IA, la question se complique (et devient plus intéressante). Un prompt ne fait plus deux mots, il en fait vingt, et il dit souvent tout seul ce qu'il veut. Voyons les quatre types, la grille de Google, la lecture de la SERP, puis la version prompt.

Ce que cache une requête de deux mots

L'intention de recherche désigne le but que poursuit l'internaute quand il lance sa recherche : apprendre, se rendre quelque part, comparer, agir. La requête n'en est que la trace visible, souvent très compressée.

En SEO, on travaille donc à l'envers. On part des mots tapés, on observe ce que Google affiche, et on en déduit le besoin dominant. Puis on construit la page qui y répond mieux que les autres.

Deux conséquences pratiques :

  • ➭ Une même requête peut porter plusieurs intentions. Google les sert alors en mélangeant les formats sur une seule page de résultats.
  • ➭ Deux requêtes différentes peuvent porter la même intention. Elles méritent une seule page, pas deux qui se feraient concurrence.

Les 4 types d'intention, et d'où ils viennent

La classification qu'on utilise encore remonte à 2002. Andrei Broder, chercheur passé par AltaVista, publie cette année-là dans la revue SIGIR Forum un article court intitulé A taxonomy of web search. Il y distingue trois familles de requêtes : navigationnelles, informationnelles et transactionnelles.

Sur un échantillon de requêtes d'AltaVista, il estimait alors la part des informationnelles à 48 %, des transactionnelles à 30 % et des navigationnelles à 20 %. Des chiffres d'une autre époque, mais l'ordre de grandeur a longtemps servi de repère.

La quatrième famille, l'intention commerciale (on compare avant d'acheter), a été ajoutée plus tard par les praticiens et les outils SEO. Elle découpe la transactionnelle de Broder en deux moments : je me renseigne sur l'offre, puis j'achète.

IntentionCe que veut la personneExemple de requêteCe que Google affiche souventPage à créer
InformationnelleApprendre, comprendrecomment détartrer une bouilloireExtrait en vedette, « Autres questions posées », vidéos, aperçu IAGuide, définition, tutoriel
NavigationnelleAller sur un site précisconnexion ameliLe site officiel en premier, avec ses liens annexesRien à créer si ce n'est pas votre marque
CommercialeComparer avant de choisirmeilleur aspirateur sans filComparatifs, tests, forums, avisComparatif, sélection argumentée, page « alternatives »
TransactionnelleAcheter, réserver, téléchargeracheter vélo cargo électriqueAnnonces Shopping, fiches produit, pages catégorieFiche produit, page catégorie, page de réservation

Un détail que j'aime bien : chez Broder, la catégorie transactionnelle englobait déjà le téléchargement, les services en ligne et le divertissement. Elle ne se limitait pas aux achats.

Know, Do, Website, Visit-in-person, la grille de Google

Google utilise sa propre typologie, visible dans les consignes rédigées pour ses évaluateurs de la qualité. Ces milliers de testeurs humains ne classent pas les sites, ils notent les résultats pour aider Google à juger ses algorithmes.

Dans la version du 11 septembre 2025 des Search Quality Rater Guidelines, la section 12.7 consacrée à l'intention distingue cinq cas.

  • ➭ Know : la personne veut des informations sur un sujet.
  • ➭ Know Simple : une variante de Know dont la réponse tient en une phrase ou une courte liste (une date, une taille, une définition).
  • ➭ Do : la personne veut accomplir quelque chose, acheter, télécharger, s'inscrire, jouer.
  • ➭ Website : elle cherche un site ou une page précise.
  • ➭ Visit-in-person : elle cherche un lieu physique, souvent à proximité.

Une sous-section entière traite aussi des requêtes à intentions multiples. Google ne demande pas de deviner la seule bonne lecture, il demande de servir correctement les plus probables.

Ce qui m'intéresse dans cette grille, c'est la catégorie Know Simple. Ce sont exactement les questions auxquelles un moteur peut répondre sans clic, dans un encadré ou un aperçu IA. Si votre trafic repose sur ce type de requêtes, lisez ce qui se passe avec le zéro clic.

Sommaire des consignes Google pour les évaluateurs de la qualité, section sur l'intention de l'utilisateur
La grille officielle de Google pour l'intention, dans les consignes de ses évaluateurs.

Lire l'intention dans la SERP en cinq minutes

Le meilleur outil pour identifier une intention reste gratuit : la page de résultats elle-même. Google a déjà fait le travail de deviner, il suffit de lire son pari.

1. Se placer en terrain neutre

Navigation privée, sans compte connecté. Vous évitez ainsi que votre historique colore les résultats.

2. Regarder les formats avant les liens

Un carrousel Shopping signale l'achat. Une carte avec trois établissements signale le déplacement. Un bloc « Autres questions posées » et des vidéos signalent l'apprentissage. Un aperçu IA en haut de page indique souvent une question informationnelle.

3. Classer les dix premières pages par type

Guides, comparatifs, fiches produit, pages d'accueil, forums ? Comptez. Si sept résultats sur dix sont des comparatifs, votre fiche produit n'a presque aucune chance sur cette requête.

4. Lire les titres

Les mots « meilleur », « avis », « comparatif », « 2026 » trahissent une intention commerciale. « Comment », « pourquoi », « définition » trahissent l'informationnelle. « Prix », « livraison », « promo » trahissent la transaction.

5. Noter les SERP mixtes

Si la page mélange guides et fiches produit, l'intention est partagée. C'est souvent là qu'une page bien construite, qui répond à la question puis propose l'offre, passe devant les autres.

Résultats Google pour meilleur aspirateur sans fil avec annonces Shopping, comparatifs et aperçu IA
Lisez les formats et les titres avant les liens. Ici, Google parie sur la comparaison avant l'achat.

Le conseil d'Alexandre

Ne vous battez pas contre la SERP. Si Google affiche des guides et que vous voulez placer une page de vente, créez le guide, puis faites-lui pointer vers l'offre. C'est plus rapide que d'attendre que Google change d'avis.

Résultats Google pour comment détartrer une bouilloire avec aperçu IA, questions associées et vidéos
Une SERP informationnelle typique. La réponse courte est déjà donnée, votre page doit aller plus loin.

Et dans un prompt, que devient l'intention ?

Sur Google, l'intention est cachée et il faut la deviner. Dans un assistant IA, elle est le plus souvent écrite noir sur blanc.

Comparez « aspirateur sans fil » et « Je cherche un aspirateur sans fil pour un appartement de 60 m² avec un chat, budget 300 euros, lequel me conseilles-tu ? ». Le second dit qui parle, pour quel usage, avec quelle contrainte, et ce qu'il attend : une recommandation.

Les chiffres le confirment. Google indique que la recherche moyenne en mode IA est trois fois plus longue qu'une requête classique (données Google Trends aux États-Unis, d'avril 2025 à mai 2026). Plus de mots, donc plus de contexte et moins d'ambiguïté.

IntentionRequête GooglePrompt équivalentCe qui change pour votre contenu
Informationnelledétartrer bouilloireMa bouilloire est entartrée et je n'ai pas de vinaigre, comment faire avec ce que j'ai dans la cuisine ?Couvrir les variantes et les contraintes, pas seulement la méthode principale
Navigationnelleameli connexionOù je déclare un arrêt de travail en ligne ?Le prompt vise une tâche, l'IA choisit le site : soyez la source officielle claire
Commercialemeilleur aspirateur sans filAspirateur sans fil pour 60 m² avec un chat, 300 euros max, lequel choisir ?Critères explicites, cas d'usage, prix à jour, comparaisons honnêtes
Transactionnelleacheter vélo cargo lyonOù acheter un vélo cargo à Lyon avec essai possible et aide de la Métropole ?Infos pratiques vérifiables : stock, essai, adresse, conditions

Trois effets à retenir pour la rédaction.

  • ➭ Les intentions s'enchaînent dans une même conversation : on se renseigne, on compare, on choisit, sans repasser par une page de résultats.
  • ➭ La navigationnelle se dilue : on demande une tâche, l'assistant décide vers quel site renvoyer.
  • ➭ Le contexte devient filtre : budget, lieu, contrainte. Une page qui ne mentionne jamais les cas d'usage a peu de chances d'être citée pour un prompt aussi précis.

Si vous vous demandez où vos clients posent leurs questions, la comparaison ChatGPT ou Google donne des repères sur les usages de chacun.

Une intention, une page, comment l'appliquer à votre site ?

Concrètement, voici la méthode que je suis sur une liste de mots-clés.

  • ➭ Pour chaque requête, notez l'intention dominante lue dans la SERP, en une colonne de tableur.
  • ➭ Regroupez les requêtes qui partagent intention et résultats. Un groupe, une page.
  • ➭ Pour chaque page, écrivez à côté le prompt le plus probable qu'un client poserait à un assistant. Il vous dit quelles contraintes traiter.
  • ➭ Choisissez le format imposé par l'intention (guide, comparatif, fiche) avant d'écrire une ligne.
  • ➭ Vérifiez qu'aucune autre page de votre site ne vise déjà le même groupe.

Les requêtes les plus précises, souvent les plus rentables, sont celles de la longue traîne. Leur intention est presque toujours lisible dès les premiers mots.

Testez-vous

La SERP de « meilleur casque sans fil » affiche surtout des comparatifs. Quelle intention domine ?

On compare avant d'acheter. Une fiche produit seule aura du mal à se classer.

Dans les consignes des évaluateurs de Google, quelle catégorie désigne la recherche d'un lieu physique ?

Visit-in-person couvre les recherches d'établissements à visiter, souvent avec une dimension locale.

Qui a proposé en 2002 la classification navigationnelle, informationnelle, transactionnelle ?

Andrei Broder, dans l'article A taxonomy of web search publié dans SIGIR Forum.

Trois erreurs d'intention qui coûtent des positions

La page de vente sur une requête de guide

La plus fréquente. On veut vendre, alors on pousse la page offre sur une requête où Google ne montre que des tutoriels. Elle stagne en deuxième page, et on accuse l'algorithme.

Deux pages pour une seule intention

« Prix ravalement façade » et « tarif ravalement façade » sur deux pages distinctes : elles se partagent les signaux et aucune ne gagne. Une seule page, les deux formulations dedans.

L'intention figée

Les SERP bougent. Une requête informationnelle peut devenir commerciale en quelques mois quand un marché se structure. Revérifiez la page de résultats de vos requêtes clés au moins une fois par an.

Vos pages se classent sur les mauvaises requêtes, ou pas du tout ?

>>> Je veux faire le point sur l'intention de mes pages

Ce qu'il faut retenir

  • ➭ L'intention de recherche est le but derrière la requête : apprendre, naviguer, comparer, agir.
  • ➭ La classification vient d'Andrei Broder en 2002 ; l'intention commerciale a été ajoutée ensuite par les praticiens.
  • ➭ Google raisonne avec sa propre grille : Know, Know Simple, Do, Website, Visit-in-person.
  • ➭ La SERP reste le meilleur indicateur : formats, types de pages, mots des titres.
  • ➭ Dans un prompt, l'intention est explicite, chargée de contexte et de contraintes : vos contenus doivent couvrir ces cas d'usage.

Questions fréquentes

Quels sont les 4 types d'intention de recherche ?

Informationnelle (s'informer), navigationnelle (rejoindre un site précis), commerciale (comparer des offres avant de choisir) et transactionnelle (acheter, réserver, télécharger).

Comment identifier l'intention de recherche d'un mot-clé ?

Tapez la requête en navigation privée et observez la SERP : formats affichés, type des dix premières pages, mots récurrents dans les titres. Google affiche ce qu'il juge le plus utile pour la majorité.

Pourquoi l'intention de recherche compte-t-elle en SEO ?

Une page qui ne correspond pas au besoin dominant a très peu de chances de se classer, même bien rédigée. L'intention dicte le format de la page avant même son contenu.

L'intention de recherche existe-t-elle dans ChatGPT ?

Oui, et elle y est plus visible : un prompt contient souvent le contexte, les contraintes et le résultat attendu. Les contenus doivent donc couvrir des cas d'usage précis.

Alexandre Montenon · Cofondateur de Kontenu, spécialiste du GEO. Il pilote le référencement IA, les contenus et le suivi de visibilité avec AthenaHQ.